06 octobre 2010

Je vous met un multi avec ça ?

Décidément le succès d'Apple n'en finit pas d'inspirer l'industrie "historique" du jeu vidéo, qui non contents d'investir l'Iphone et L'Ipad (et tout ce qui commence par un I majuscule), se met à entrevoir de nouveaux modèles de distribution.

Ainsi le Patron de THQ, Brian Farrell, nous explique que le futur du jeu vidéo passe par une baisse du prix des jeux (30 à 40 $) : un contenu de base "épuré" avec l'option d'acheter du contenu téléchargeable optionnel.

Valve allie le geste à la parole, puisque depuis peu, il est possible d'acheter dans Team Fortress 2 des items qui prennent autrement du temps à obtenir en jouant.

Le phénomène n'est pas nouveau, et est par exemple très répandu en Corée du Sud, mais certains joueurs occidentaux grincent des dents et craignent de devoir payer plus cher à contenu égal.

Sans trop m'attarder sur l'aspect pécuniaire qui n'est pas le sujet de cet article, je pense que les éditeurs garderont l'option d'acheter le jeu "au complet" et au prix régulier dès sa sortie : plus vite l'argent rentre dans les caisses, et plus les investisseurs sont rassurés.

Mais les enjeux de ces nouveaux modèles de distribution dépasse amplement l'aspect financier.


Ce que qu'il faut retenir ici, c'est que le "ticket d'entrée" pour accéder aux "grosses productions"  vidéoludiques va être plus abordable, et de ce fait le jeu va occuper dans le paysage culturel contemporain, une position aussi populaire que peuvent l'être le cinéma, la musique ou le livre.

"Hé Vincent, tu vis dans une caverne ? ne sais tu pas que le jeu vidéo génère plus d'argent que le cinéma ?"

C'est vrai, mais je m'intéresse à la popularité et non aux revenus. Le groupe Louis Vuitton fait plus d'argent que Sony (presque le double), mais ne touche pas autant de clients.

Malgré un pourcentage de joueurs en hausse ces dernières années, les jeux AAA restent assez "élitistes" dans leur forme actuelle : débourser 60 euros par jeu, implique une certaine dose de passion et du budget.

C'est également un frein énorme à l'originalité et la créativité, car les joueurs investissent prioritairement dans des valeurs sûres (Call of Duty ou Gear of War par exemple), pour être certain d'en avoir pour leur argent.
On n'ose pas trop dépenser une grosse somme d'argent dans un titre inconnu.
Tomber sur un mauvais film c'est 10 euros perdu : ça fait six fois plus mal si on tombe sur un mauvais jeu.

Biensûr les hardcore gamers vont crier au scandale ! les jeux ne vont plus s'adresser juste à eux, vont perdre de leur intérêt, on va niveler vers le bas,  etc...

Je pense que c'est une ouverture nécessaire, et on ne peut pas avoir que des jeux hardcores. Est ce que le cinéma se limite au films sélectionnés au festival de Cannes ?

Du côté qualité, on va y gagner également, car si le contenu de base est médiocre, il y a peu de chance qu'un joueur veuille acheter le contenu supplémentaires. Les éditeurs vont être "forcés" de rehausser la qualité.

Je suis donc très optimiste vis à vis de ces modèles de distribution, et s'il y aura sûrement quelques abus au départ, la loi de l'offre et de la demande va se charger d'équilibrer tout ça.

On verra si l'avenir me donne raison.

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